L’émergence du citoyen acteur

Après les consultations sur les budgets participatifs et le stationnement.

Une très grande satisfaction ! Notre projet est celui de rendre la parole au citoyen et la semaine passée c’est plus de 7000 grenoblois qui se sont exprimés. Depuis l’arrivée de nos élus en 2014 plusieurs dispositifs ont été mis en place : Cci, budgets participatifs, initiative pétitionnaire, … Ils ont tous le même objectif : permettre l’émergence du citoyen-acteur sans lequel la défiance vis-à-vis du monde politique ne pourra être dépassée et les défis qui se posent à notre avenir sur la planète ne pourront être relevés.

7 fois plus de grenoblois se sont donc exprimés cette année ! Nous voyons à l’œuvre l’implication de nombreux habitants qui ont pris conscience que changer la vie se fait aussi au quotidien par de petites réalisations. Il s’agit surtout de l’appropriation par les citoyens de la recherche de solutions concrètes aux problèmes qui se posent dans leur vie quotidienne. Nous souhaitons bien entendu que cette dynamique se poursuive et que l’an prochain encore plus de grenoblois y participeront tant dans la proposition de projets que dans le vote.

La consultation sur le stationnement a aussi vu de son côté une forte participation et ces deux initiatives concomitantes ont certainement favorisées la forte participation. Ce nouveau dispositif, que seule notre ville propose, a répondu au besoin des Grenoblois de pouvoir s’exprimer. Si la barre des 20 000 n’a pas été atteinte, il n’en demeure pas moins que nos élus doivent répondre à cette expression. En ce sens la mise en place d’un groupe de travail pour construire un diagnostic partagé avec l’ensemble des acteurs est la bonne réponse. A partir des chiffres et non des logiques théoriques, nous allons pouvoir progresser dans la connaissance de la réalité des uns et des autres et ainsi chercher les meilleures solutions. Déjà les premières statistiques du mois de septembre nous indiquent que pour 40% de résidents le tarif a baissé et que pour environ 10% il n’a pas bougé. La tarification solidaire a donc du sens !

Ces nouveaux dispositifs de participation citoyenne à la décision demandent à être améliorés, amplifiés, et … encore expliqués. Il faudra notamment prévoir encore plus de lieu de vote et faire appel à du bénévolat pour tenir les urnes et le dépouillement afin d’alléger les personnels municipaux. Au-delà de l’organisation, la question du seuil des 20 000 a été très critiquée. Il s’agit en effet d’une question politique de très grande importance : le chiffre de 20 000 n’est pas sorti par hasard. Il s’agit du nombre de suffrages recueillis par la majorité lors des élections de 2014 et qui donne à cette majorité une légitimité pour mettre en œuvre son programme mais aussi pour prendre des décisions. Le problème auquel nous avons à faire face du fait de la mise en œuvre de nos nouveaux dispositifs démocratiques est que des logiques et des légitimités différentes peuvent s’opposer. Ainsi serait-il logique, démocratiquement acceptable que 4 000 votants lors d’une consultation imposent leur volonté à toute une ville ? Le débat est ouvert mais pour nous il s’agit là de la manière dont on organise désormais la coexistence de deux légitimités : celle issue du processus de la démocratie représentative lors de l’élection municipale et celle d’une démocratie plus directe lors d’une consultation de la population sur un sujet donné… Au nom de quel principe cette dernière devrait s’imposer à la première ? La référence des 20 000 n’est donc en rien arbitraire. Elle s’inscrit dans une certaine logique politique qui mérite sans aucun doute davantage de débats argumentés que ne le font ceux qui contestent notre dispositif… D’autant plus que le corps électoral pour la votation citoyenne (tout habitant de plus de 16 ans, soit 130 000 personnes) est beaucoup plus large que les seuls inscrits sur les listes électorales (85 000). Ainsi 20 000 votants ne représentent que 15% de la population… on le voit exprimé de cette manière la barre des 20 000 n’est pas si élevée !